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SéCURITé | Consultation de Nairobi : la MONUSCO demande le rapatriement « sans condition » des groupes armés étrangers

Consultation de Nairobi : la MONUSCO demande le rapatriement « sans condition » des groupes armés étrangers

291 Museza Pascal
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Mathias Gillmann (MONUSCO) et Dr Amédée Prosper (OMS) en conférence de presse ce mercredi/ph. MONUSCO

La MONUSCO demande que tous les groupes armés étrangers actifs à l’Est de la RDC puissent déposer les armes, et qu’ils soient rapatriés « sans condition » dans leurs pays d'origine respectifs.

Elle l’a dit lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 04 mai 2022 à Kinshasa.

Dans le compte-rendu consulté par NewsCongo, la Mission des Nations-Unies en RDC exhorte également tous les groupes armés congolais à participer « inconditionnellement » au processus de démobilisation volontaire.

Pour elle, ces milices devraient « cesser immédiatement » toutes les hostilités, et rejoindre de bonne foi le Programme P-DDRCS, pour une paix durable à l’Est du pays.

«Les Nations Unies s'engagent à soutenir les autorités nationales et les autres acteurs nationaux et régionaux pour assurer la mise en œuvre effective de la nouvelle stratégie nationale P-DDRCS vers la paix et la stabilité à long terme en RDC. Les Nations Unies appellent à un dialogue continu, franc et ouvert entre toutes les parties prenantes régionales en vue de résoudre les tensions et de renforcer la confiance dans la région et dans l'Est de la RDC. L'ONU continuera d'appuyer les pays de la région dans les efforts de consolidation de la paix à plus long terme visant à rendre des comptes et à consolider les acquis en matière de paix et de sécurité,» a déclaré Mathias Gillmann, Porte-parole de la MONUSCO.

Cependant, la mission onusienne encourage les organisateurs de ces assises à consulter les victimes des groupes armés et les représentants des communautés locales, qui devront cohabiter et vivre en paix avec les ex-combattants.

«Nous encourageons en particulier la consultation des femmes et des filles, qui sont à la fois les principales victimes des groupes armés et des acteurs essentiels pour la reconstruction de la cohésion sociale et du bien-être communautaire nécessaires à la réussite du processus de réintégration des ex-combattants,» explique Mathias Gillmann.  

Pour rappel, la première phase des consultations entre les groupes armés de la RDC et le Gouvernement congolais a pris fin mercredi 27 avril à Nairobi. Près de 30 représentants des groupes armés de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont pris part à ces travaux.

Mais des acteurs sociaux restent sceptiques quant à la réussite de ces consultations, vu l’absence constatée de plusieurs groupes armés qui sont pourtant actifs dans ces trois provinces. Au Sud-Kivu par exemple, le chef du groupe Maï-Maï Yakutumba a décliné l'invitation des autorités congolais.

En Ituri également, les miliciens de la CODECO, présumés auteurs de plusieurs massacres, notamment des populations déplacées, ne se sont pas non plus joints à Nairobi. Actif à Rutshuru dans le Nord-Kivu, le M23 de Makenga a lui été exclu des discussions.

Plusieurs analystes pensent que si l’on invite certains groupes armés à discuter et pas d’autres, on peut difficilement espérer les convaincre tous de déposer les armes.

«Le choix de ne pas associer tous les groupes armes actifs dans les trois provinces n’est pas de nature à rassurer toutes les parties de l’agenda réel de paix. Pourquoi les uns et pas les autres, alors que tous sont responsables des atrocités sur les populations civiles ? Le PDDRC-S est aujourd’hui le seul cadre adapté à la recherche d’une solution durable pour tous les groupes armés locaux en RDC,» insiste la Société Civile du Sud-Kivu.

Dans une déclaration, cette structure a par ailleurs demandé au Gouvernement de rejeter toute tentative de nouvelle intégration des membres des groupes armés dans les forces de défense et de sécurité. Selon elle, ceci pourrait encourager d’autres personnes à prendre les armes.

Rédigé Par Museza Pascal
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