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FEMME | Clôture du mois des droits des femmes : «Donc, le mariage bloque la femme quelque part. Aujourd’hui, la femme a le droit de choisir si elle veut s

Clôture du mois des droits des femmes : «Donc, le mariage bloque la femme quelque part. Aujourd’hui, la femme a le droit de choisir si elle veut se marier ou pas » (Lydia Ifusola)

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Lydia Ifusola/© NewsCongo RK

Le mois de mars 2022 a touché à sa fin. Plusieurs organisations des femmes, des églises, des programmes radiotélévisés ou des informations dans les médias audiovisuels ou en ligne ont abordé des questions liées à l’émancipation ou l’autonomisation de la femme.

A ce sujet, nous avons rencontré Lydia Ifusola, femme ingénieure architecte et directrice provinciale de l'intendance du ministère de l'enseignement supérieur et Universitaire au niveau du Katanga. Dans un entretien accordé à NewsCongo.news, elle établit quelques difficultés auxquelles les femmes font face comme un mariage qui ne permet pas de poursuivre une carrière et le sous-effectif des femmes dans le domaine technique.

Elle a aussi abordé la question  de l’émancipation de la femme face à la “culture africaine”. Elle réponds à nos questions :

NC : Madame Lydia Ifusola bonjour. Pensez-vous que la femme africaine est déjà émancipée ?

Lydia I. : La femme elle-même ne comprend pas le concept « émanciper », parce que 4 femmes sur 10 ne connaissent pas leurs droits. Elles ne savent pas ce que la société attend d'elles, quel peut être leur apport. L'une des causes est que la femme n'est pas cultivée. Désormais, il y a des magazines qui parlent des droits de la femme. Je pense, elle est dépourvue de toutes ces notions, elle ne veut pas s'informer, se documenter et c'est parmi les causes qui freinent son émancipation.

NC : Pourquoi les femmes sont-elles moins nombreuses dans les domaines techniques ?

LI : Il y a des femmes qui pensent que c'est trop masculin, être en pantalon, la tenue d'ingénieur. Moi j'ai fini au lycée Twendelee à Lubumbashi, on a fini à 37 dans notre section. Si nous avions fini en polytechnique avec ce nombre, l'impact serait différent car on serait nombreuses. Elles pensent que c'est trop masculin.

NC : En tant qu’intellectuelle, vous pensez que les différentes cultures en Afrique constituent un obstacle pour l'épanouissement de la femme ?

Lydia I : Notre culture présente la femme mariée comme étant celle qui a réussi dans la société, celle qui a reçu une bonne éducation. Quand la femme n'est pas mariée, on dit qu'elle possède des valeurs morales qui ne sont pas à vanter, qui sont moins que celles qui est dans le mariage.  Par contre, ce n'est pas le cas. La femme peut être dans le mariage, mais elle est bordelle. Donc c'est un problème de société, la femme est trop jugée. Ce qui fait qu'après ses études, elle court derrière le mariage pour avoir ce statut.  Et là, il y a de l'hypocrisie.

NC : Avec ce que vous avancez comme arguments, vous pensez que le mariage bloque la femme dans l'accomplissement de ses rêves ?

Lydia I : Aujourd’hui, il y a des femmes qui veulent poursuivre leurs carrières, mais elles sont freinées par le mariage, les enfants. C'est comme quand vous exercez les métiers techniques qui demandent que la femme soit plus en mouvement, mais quand tu portes un bébé et que ton médecin te dit que ta grossesse est à risque, et que tu ne dois pas faire ça, cela représente un risque pour toi. Tu dois laisser ton travail pour garder l'enfant, tu dois donner naissance. Tu es obligé d'arrêter, mais l'homme lui ne doit pas arrêter quand il veut procréer. Donc le mariage bloque la femme quelque part. La société doit arrêter de juger les femmes par rapport à leurs statuts. Aujourd'hui, la femme a le droit de choisir, si elle veut être mariée ou pas.  Sa valeur ne doit pas dépendre du fait qu'elle soit mariée ou pas. Ces choses doivent cesser.

NC : Et l’homme, a-t-il un rôle à jouer dans l’émancipation de la femme ?

Lydia I : La femme et l'homme doivent s'accompagner. J'ai eu à échanger avec un homme qui est recteur dans une université de la place dont je tais le nom, mais il m'a dit, madame moi j'ai poussé ma femme à étudier, à être chef de travaux, professeur, elle est devenue DG d'une institution avant qu'on me nomme recteur... J'ai encouragé ma femme. Ça m'a touchée de voir ce professeur s'exprimer ainsi. Aujourd'hui quand j'échangeais avec lui, je lui ai dit, c'est également mon cas. Mon mari m'a aidée à devenir la femme que je suis. Les enfants sont faits par amour par les deux conjoints à eux de se mettre ensemble pour assurer leur éducation. Ça m'avait encouragé de voir qu'il y a des hommes comme ça, et j'invite les autres à faire pareil.

Merci.

Rédigé Par Ruth Kutemba
1 COMMENTAIRE
cedritle
merci, mais je l'ai lu et ici c'est ecrit differemment https://tinyurl.com/y28yvmty
Publié le 20 Mai 2022
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