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Santé | Lubero : des villageois n'accèdent pas aux soins médicaux de qualité

Lubero : des villageois n'accèdent pas aux soins médicaux de qualité

Publié le 15 Novembre 2021 | 135 | Elie Mbulegheti |
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Village Masumo, Lubero, 24 déc 2021, ©Elie Mbulegheti

Au total, 12 villages de la localité de Masumo sont confrontés au défi d’accéder aux soins médicaux. Les habitants du groupement Luongo, dans la chefferie de Baswagha en territoire de Lubero dans le Nord-Kivu que Newscongo a visité le dimanche 14 novembre 2021, fréquentent deux dispensaires qui peinent à trouver des médicaments.

Si l’infirmier du poste de santé de Kalondo en zone de santé de Musienene parle de (l’insolvabilité) des habitants, la cheffe de Masumo évoque de mauvais état de route pour évacuer les malades à haut risque vers l’hôpital général de Musienene.

Au poste de santé de Kalondo dans le village situé à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de la ville de Butembo (Nord-Kivu), la structure reçoit chaque semaine entre 10 à 15 malades, explique Mumbere Madirisha, infirmier à ce poste de santé. D’après lui, les malades reçus à cette structure sanitaire n’ont pas des moyens pour payer les factures, ce qui laisse la difficulté d’approvisionner le stock de ce centre en médicament.

Au-delà de cette problématique, il épingle le "mauvais" état des lits, des matelas et l’édifice qu’il faudrait reconstruire pour la bonne prise en charge des personnes.

« Par semaine, nous prenons en charge 10 à 15 malades qui viennent de quatre villages de la localité de Masumo. Nous avons plusieurs difficultés notamment l’insolvabilité, même les frais demandés sont réduits, c’est seulement que les gens ne trouvent pas l’argent pour payer. Or cela ne nous permet pas d’acheter d’autres médicaments. Nous avons trois chambres qui a chacune un lit. Donc j’interne trois malades, et si un quatrième est gravement malade, c’est mon lit que va le servir », explique l’infirmier Mumbere Madirisha.

Cette situation de crise socio-économique laisse d’autres familles dans la difficulté d’amener leurs malades à l’hôpital. Nous visitons une famille qui a un malade (jeune garçon de 10 ans) dont les yeux connaissent les problèmes. Il y a quatre ans, cette femme a soigné pour la troisième fois l’œil de son fils. Mais après sa rechute, elle observe impuissamment cet organe oculaire qui se détériore du jour le jour, car elle ne dispose plus des moyens nécessaires pour soigner le jeune homme.

« Je l’ai soigné trois fois dans un hôpital ophtalmologique à Butembo, les médecins nous disaient chaque fois que s’est guéri, mais au bout d’un certain temps, la maladie revient. Je ne vais plus à l’hôpital parce que je n’ai plus d’argent. J’ai besoin des personnes de bonne volonté pour que l’œil de mon fils soit soigné », martèle Masika Mwema.


Kavira Kanzulira Judith est cheffe de Masumo. Elle reconnait les problèmes de santé que traversent les habitants de sa localité. Au-delà de la problématique liée au médicament, elle évoque "le mauvais état de route" qui ralentit le ravitaillement des médicaments et bloque l’acheminement des malades à haut risque vers l’hôpital de Musienene. Elle demande au gouvernement congolais de doter son entité des structures sanitaires adaptés aux besoins de 12 villages qu’elle contrôle.

« Les difficultés que nous avons, nous tombons malade mais nous n’avons pas accès soins. Nous n’avons pas d’argent pour nous faire soigner. Nous demandons aux autorités de renforcer notre système de santé. Le mauvais état de la route ne nous permet pas ravitailler la structure à médicament », a-t-elle affirmé.

Ce poste de santé de Kalonda est dans la zone de santé de Musienene. Il est fonctionnel depuis 2017.

Rédigé Par Elie Mbulegheti

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