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Finances | RDC : ODEP demande à Tshisekedi « d'arrêter d’instrumentaliser » l’IGF à des fins politiciennes

RDC : ODEP demande à Tshisekedi « d'arrêter d’instrumentaliser » l’IGF à des fins politiciennes

Publié le 25 Octobre 2021 | 172 | Museza Pascal |
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L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) demande au Président Félix Tshisekedi d’arrêter «d’instrumentaliser» l’Inspection générale des finances (IGF), à des fins «politiciennes».

Il l’a dit ce lundi 25 octobre 2021 dans un communiqué rendu public, à la suite des propos de l’inspecteur général des finances, Jules Alingete, qui a déclaré ce samedi 23 octobre dernier que des dépassements budgétaires observés à la Présidence de la République ne constituent pas un détournement, ni même un acte de mauvaise gestion.

Dans ce communiqué dont une copie est parvenue à Newscongo, ODEP estime qu’à travers ces affirmations, l’IGF couvre une « gabegie financière ».

«Impossible de croire que ce haut cadre de I'IGF peut autant fouler aux pieds toutes les dispositions constitutionnelles et légales relatives aux finances publiques, sans avoir reçu les ordres et injonctions de son employeur, le Président Tshisekedi. Pour ceux qui ne le savent pas, l'IGF dépend non pas de la Présidence de la République mais du Président de la République. Voilà pourquoi, nous nous adressons à l’employeur donneur d'ordre et non à l'employé : L’IGF couvre une gabegie financière. L'opinion nationale et internationale doit retenir que les dépassements budgétaires à la Présidence de la République ne sont pas accidentels. Ils sont devenus une culture et un mauvais exemple venu d'en haut pour tous les gestionnaires des finances de l'Etat dans tout le pays,» explique cette structure.

ODEP affirme que fin septembre 2021, plusieurs institutions avaient déjà épuisé leur budget annuel. Il affirme, par exemple, que la présidence a dépensé 253,7 millions $ contre les crédits votés de 159,8 millions USD, dégageant un dépassement de 93,9 millions $, soit 111%.

«En 2020, la même institution avait connu des dépassements : 77,8 millions $ utilisés cantre les prévisions de 158,9 millions, soit un dépassement de 18 millions $. Ces ouvertures de crédits sont justifiées en partie par le nombre pléthorique du personnel politique recruté dans le cabinet du Président de la République. De 445 en 2019 à 1.018 en 202, et bientôt 1.096 en 2022. Par ailleurs, une dizaine des services publics budgétivores ont été créés pendant la même période et rattachés à la Présidence, jouant le même rôle que l'administration publique, voire même le gouvernement légalement investit par le Parlement. Une telle gouvernance budgétaire assise sur des telles faiblesses, ne peut permettre ni de créer de richesses, ni d'améliorer les conditions sociales de la population,» estime l’ODEP.

Cette structure fait observer que selon les dispositions de la loi du 13 juillet 2021 relative aux finances publiques, les autorisations d'engagement des dépenses constituent la limite supérieure des dépenses pouvant être engagées. Selon cette loi, les crédits budgétaires sont limitatifs et les dépenses sur crédits limitatifs ne peuvent être engagées ni ordonnancées au-delà des dotations budgétaires.

Selon cet Observatoire, les auteurs des dépassements budgétaires sont donc passibles d'une sanction pour faute de gestion au niveau du pouvoir central, pour n’avoir pas respecté les règles d'engagement des dépenses.

«Les déclarations inopportunes de l'inspecteur général des finances et chef de service ont vidé la crédibilité dont bénéficiait jusque-là cet organe supérieur de contrôle. Pour l'ODEP, il est urgent de réhabiliter la Cour des Comptes pour contrôler avec efficacité et indépendance les finances publiques, conformément à l'article 180 de la constitution. Nous savons que le contrôle de l'IGF est un contrôle administratif. Laissez-le travailler avec objectivité au lieu de les instrumentaliser à des fins politiciennes,» recommande cette structure au Chef de l’Etat.

ODEP demande également à Félix Tshisekedi de mettre fin à ces dépassements budgétaires, qui sont selon elles, des «mauvaises pratiques de gestion des finances publiques,» devenues pérennes au sommet de l’Etat, et qui, ajoute-t-il, sont « mauvais exemple » donné aux autres gestionnaires des finances publiques dans le pays.

Rédigé Par Museza Pascal

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